Je m’appelle Sébastien Jaulmes, et je suis nouveau sur ce forum. J’aimerais ouvrir ce sujet pour vous présenter la méthode que je développe depuis maintenant 8 ans. Il s’agit d’une version modifiée de la méthode des flashcards.
En parcourant ce forum, j’espère trouver des concepts qui m’aideront à exprimer les points sur lesquels je crois que mon travail peut constituer une avancée, en matière de mnémotechnie. Et j’espère surtout pouvoir échanger avec vous, pour le moment en français, mais peut-être bientôt en anglais (avec un peu de préparation) … N’hésitez pas à réagir !
Je vais commencer par un simple exemple, pour illustrer la façon dont l’information est traitée. Il s’agit d’éléments que j’ai extrait du début du livre de Joshua Foer, précisés par une lecture des premières pages de celui de France A. Yates.
C’est une seule et même flashcard, sur laquelle apparaissent plusieurs informations, qui sont rendues accessibles par le recours à un système de catégorisation et d’association logique.
Le lien malheureusement ne marche pas. Dommage car l’idée m’intéressait.
Anthony Metivier préconise également de faire des fiches sans réponse, avec juste l’indice (prompt) qui suggère la réponse. Sinon on risque de juste regarder les réponses et dire “ah oui je savais” au lieu de vraiment forcer notre cerveau à faire le travail.
J’aime beaucoup l’idée, surtout que si je ne me rappelle pas qqch, généralement je peux relativement facilement aller rechercher l’information (et l’emm… ment de devoir aller la rechercher veut dire que je m’en rappelerai).
Mais ce que j’ai peur c’est que je me rappelle de la réponse, mais qu’en fait ce soit faux (surtout pour le vocabulaire p. ex.) et que je ne m’en rende pas compte…
Depuis peu, il existe un logiciel développé spécialement pour la prise de notes par catégorisation, selon le format visible sur l’exemple. Ainsi, il n’y a pas grand chose à taper au clavier pour obtenir ce genre de résultats. Il m’a été livré par mon frangin, pour un usage perso, mais je compte travailler cette année à développer l’accès de cet outil pour le grand public.
Avec Anki on peut vraiment avoir la tentation du “ouais mais en fait j’avais pas vraiment oublié”, surtout après avoir cherché pendant de longues secondes une info qu’on avait sur le bout de la langue. J’ai le paquet “Ultimate Geography - Extended” dans ma collection depuis un an maintenant, et il m’arrive occasionnellement de rater une carte qui allait en passer en >1a… c’est frustrant de tout recommencer à partir d’un délai de 10min!
Je pense qu’on peut mitiger le problème en créant des cartes sans ambiguïté, avec qu’une seule info par carte, ce qui fait que la limite entre un rappel et un oubli est clairement définie. Difficile de se mentir à soi-même dans ces cas-là.
Par exemple je n’ai pas de problème avec les cartes Pays->Capitale (une seule info), mais les cartes Pays->Drapeau me causent plus de fil à retordre: si je me souviens des couleurs et de la forme du drapeau Néo-Zélandais, mais que je pense qu’il y a cinq étoiles dessus au lieu de quatre, ça compte comme un échec?
Mais pour revenir au point des cartes-sans-réponse, peut-être qu’il faudrait une fonction dans Anki pour cacher la réponse en cas de succès, et ne l’afficher que si l’on a déjà cliqué sur le bouton “À Revoir”.
Merci j’ai pu consulter maintenant…
Je ne comprends pas tout à fait le système. C’est donc une carte sans dos (qui ne se retourne pas)? (Ou bien que signifie le trait du milieu?)
Et les chiffres sont des renvois aux réponses? Ou des indices?
Mon expérience avec anki (parfois pas toujours heureuse) me dit que généralement… c’est de ma faute. Soit la fiche n’est pas bien faite, soit je n’étais pas au clair sur exactement ce que je voulais apprendre (parce que anki est un outil de révision, pas d’apprentissage, le “vrai” travail est fait avant la création de la fiche).
Mon nombre de fiches à réviser (et donc de révisions où je suis tenté de “tricher”) a drastiquement diminué depuis que je n’utilise plus anki comme outil de stockage de “toutes les informations que je trouve intéressantes et que ça serait cool de savoir”. Tout n’a pas sa place dans anki.
En apprenant les langues par exemple, je ne mets plus dedans tous les mots de voc que je croise, mais seulement un “noyau” des mots les plus importants. Les autres seront appris en contexte au fur à mesure des médias que je consomme, etc.
Cela aide beaucoup, quand on crée une fiche, de se poser la question “Quel est mon objectif final et est-ce qui ce que je met dans cette fiche me servira à accomplir cet objectif?”, sinon on revient à “collectionner” beaucoup de fiches intéressantes mais qui mènent au burn-out par anki (la question m’a aussi servi à beaucoup élaguer mes collections anki qui étaient gigantesques d’aillleurs…)
Par exemple, dans le cas des drapeaux, la question “quel est mon objectif” déterminera aussi si la réponse incomplète est juste ou pas. Pour quel usage est-ce que j’apprends les drapeaux ? Est-ce que pour ce que je veux en faire, je dois seulement pouvoir les reconnaître? (auquel cas ça suffit d’être assez juste pour au moins les distinguer les uns des autres, donc des détails faux ne sont pas graves) ou bien est-ce que j’en ai besoin pour une tâche où je devrai les dessiner moi-même de mémoire? (auquel cas il me faudra bien savoir tous les détails)… au final anki nous “laisse choisir” en fonction de nos objectifs, ce qui suppose que l’utilisateur prend la responsabilité de l’efficacité de ses méthodes au final (anki pour un enfant qui doit apprendre du vocabulaire d’une langue qu’il étudie pour l’école à contre-coeur ne sera certainement pas idéal).